Avancée russe en Ukraine en 2025 : l’ampleur d’un gain territorial qui change l’équilibre
Selon une analyse de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) relayée par plusieurs médias, la Russie a réalisé en 2025 une avancée territoriale « record » dans l’est de l’Ukraine : environ 5 600 km² conquis sur l’année, soit davantage que sur 2023 et 2024 cumulés. Ce chiffre, s’il peut paraître abstrait, traduit une réalité concrète sur le terrain et pose des questions lourdes pour l’avenir du conflit et pour toute perspective de règlement politique. Décryptage des données, des dynamiques militaires et des implications diplomatiques.
Que disent précisément les chiffres ?
Le total de 5 600 km² conquis en 2025 représente près de 0,94 % de la superficie totale de l’Ukraine. Pour replacer ce chiffre : en décembre, l’avance mensuelle russe a été de 244 km² — son plus faible gain mensuel depuis mars —, mais la progression enregistrée au printemps et surtout en novembre (701 km² ce mois‑là) a permis d’accumuler ces résultats annuels. Au 31 décembre, la Russie contrôlait totalement ou partiellement 19,4 % du territoire ukrainien, en incluant les zones occupées avant 2022 (comme la Crimée) et celles prises depuis le début de l’invasion.
Où se situent les gains et les reculs ?
Les avancées russes se sont concentrées dans l’est, avec des progressions sensibles sur plusieurs secteurs. Cependant, la dynamique n’est pas uniforme : dans la région de Kharkiv, par exemple, les forces russes ont perdu 125 km², et 55 km² dans la région de Dnipropetrovsk — deux zones d’où la proposition américaine envisage un retrait russe dans certains scénarios de gel du front. Ces contre‑offensives ukrainiennes, les plus importantes depuis juin 2023, montrent que le front reste contesté et que les lignes peuvent encore évoluer.
Pourquoi cette avancée est‑elle significative ?
Plusieurs raisons rendent ces gains remarquables :
Contexte diplomatique : un projet de paix discuté mais fragile
Alors même que des discussions ont circulé à la fin de 2025 autour d’un plan de paix inspiré par une proposition américaine — évoquant un gel des lignes dans des régions comme Zaporizhzhia, Kherson, Donetsk et Louhansk —, les avancées russes compliquent les négociations. Plus une partie accumule de gains territoriaux sur le terrain, plus elle peut être tentée d’en tirer des concessions politiques, rendant un accord de partage du contrôle plus difficile à mettre en œuvre sans régler les questions de souveraineté et de garanties sécurité.
Conséquences militaires : quelles trajectoires possibles ?
Sur le plan militaire, trois trajectoires sont plausibles :
Aspects humanitaires et contrôle des territoires
Chaque kilomètre carré conquis s’accompagne de conséquences humaines et administratives : déplacement de populations, contrôle des infrastructures, réorganisation des services publics et mise en place de structures de gouvernance souvent contestées. Le fait que près de 19,4 % du territoire ukrainien soit désormais sous contrôle total ou partiel russe implique un enjeu majeur de protection des civils, d’accès humanitaire et de documentation des violations potentielles des droits fondamentaux.
Impacts sur la stratégie internationale
La dynamique de 2025 comptera dans les arbitrages internationaux : les alliés de l’Ukraine doivent évaluer si leur soutien (militaire, technologique, financier) est suffisant pour permettre de stopper ou d’inverser ces avancées. En parallèle, des pressions diplomatiques pour un gel du conflit sur une base territoriale — même imparfaite — peuvent s’amplifier si le coût d’une reprise des hostilités à grande échelle devient trop élevé pour les protagonistes.
Points à surveiller en 2026
Un conflit loin d’être figé
Les chiffres publiés par l’ISW confirment que 2025 a été une année d’avancées russes plus marquées qu’on ne l’imaginait. Mais ils montrent aussi la nature volatile du conflit : gains et pertes se succèdent, et l’issue reste incertaine. Sur le plan interne comme international, les acteurs devront prendre en compte ces évolutions lorsqu’ils discuteront de la suite — militaire ou politique — d’un conflit qui continue de transformer la géographie et la vie de l’Ukraine.
