Can 203 pays candidats, calendrier et enjeux de la Coupe d’Afrique des nations
La Coupe d’Afrique des nations, ou CAN, ne se résume jamais à une liste de favoris. C’est un tournoi où les hiérarchies se déplacent, où un stade entier peut pousser une équipe au-delà de ses limites et où une soirée suffit parfois à bouleverser des années de pronostics. La prochaine édition, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’annonce particulièrement attendue : vingt-quatre sélections se disputeront le titre, dans un pays où le football occupe une place centrale et où l’enjeu dépasse largement le terrain.
Une précision s’impose d’emblée : la CAN ne compte pas 203 pays candidats. L’Afrique compte 54 associations membres de la Confédération africaine de football. Quarante-huit sélections ont participé aux éliminatoires de cette édition, et vingt-quatre ont décroché leur place en phase finale. Le chiffre 203, s’il circule dans certaines formulations, ne correspond donc pas au nombre de pays engagés dans la compétition.
Une édition organisée entre deux années
La CAN 2025 se déroulera du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Cette période hivernale, inhabituelle pour une compétition portant le nom d’une année précise, est liée au calendrier international et à la volonté d’éviter un chevauchement trop important avec d’autres grands rendez-vous sportifs. Le tournoi commencera à la fin de l’année civile et s’achèvera en janvier, après près d’un mois de rencontres.
Le Maroc accueillera les matchs dans plusieurs villes et enceintes. L’organisation s’appuie sur des infrastructures déjà utilisées pour des compétitions internationales, mais aussi sur la rénovation ou l’aménagement de stades et de services. Pour les supporters, le calendrier implique de préparer les déplacements, les hébergements et les billets bien en amont. Pour les équipes, il faudra gérer une période dense, avec peu de temps pour récupérer entre les matchs.
Le calendrier sportif suivra le format habituel de la phase finale : une première étape de groupes, puis des rencontres à élimination directe. Les équipes seront réparties en six groupes de quatre. Les deux premières de chaque groupe, ainsi que les quatre meilleurs troisièmes, accéderont aux huitièmes de finale. À partir de là, une défaite signifie l’élimination. Le tournoi avancera ensuite vers les quarts de finale, les demi-finales, le match pour la troisième place et la finale.
Vingt-quatre sélections en quête du trophée
Les éliminatoires ont réuni quarante-huit équipes réparties en douze groupes. Les deux premières de chaque groupe se sont qualifiées, à l’exception du groupe du Maroc, déjà assuré de participer en tant que pays hôte : les résultats des rencontres disputées par les autres équipes ont permis de déterminer les places restantes. Au terme de cette campagne, vingt-quatre nations ont obtenu leur billet.
Les sélections qualifiées sont :
- Maroc, pays organisateur ;
- Burkina Faso, Cameroun, Algérie et République démocratique du Congo ;
- Sénégal, Égypte, Angola et Guinée équatoriale ;
- Côte d’Ivoire, Ouganda, Afrique du Sud et Gabon ;
- Tunisie, Nigeria, Zambie et Mali ;
- Zimbabwe, Comores, Soudan et Bénin ;
- Tanzanie, Botswana et Mozambique.
Cette liste mêle des habitués de la compétition et des sélections dont la présence rappelle que la route vers la phase finale reste ouverte. Le Botswana, par exemple, a validé sa qualification en terminant devant des adversaires mieux installés dans les grandes compétitions. Le Bénin, le Mozambique ou les Comores peuvent eux aussi espérer transformer leur présence en véritable parcours marquant. À la CAN, l’étiquette de petit poucet ne protège personne d’une mauvaise soirée.
Des favoris, mais aucune garantie
Le Maroc figurera naturellement parmi les équipes les plus observées. La sélection évoluera à domicile, devant un public qui attend beaucoup d’elle, et pourra s’appuyer sur une génération reconnue à l’échelle internationale. Mais jouer chez soi est une force à double tranchant : l’énergie des tribunes peut porter une équipe, tandis que l’attente populaire peut aussi alourdir chaque passe manquée.
Le Sénégal, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie et la Côte d’Ivoire font également partie des prétendants sérieux. Le Sénégal a remporté l’édition 2021, disputée en 2022, tandis que la Côte d’Ivoire a décroché le titre lors de la CAN 2023, organisée en 2024. L’Égypte reste la nation la plus titrée de l’histoire du tournoi, avec sept sacres. Ces références comptent, mais elles ne valent pas passe-droit : la compétition a souvent rappelé que le palmarès ne marque aucun but à la place des joueurs.
Les surprises font partie de l’identité de la CAN. Une équipe bien organisée, une défense solide et un gardien en état de grâce peuvent faire dérailler les plans d’un favori. Les rencontres de groupe, parfois disputées sous une forte pression, laissent peu de marge. Une erreur de concentration, un penalty manqué ou une expulsion précoce peuvent redessiner tout un tableau.
Le facteur humain derrière les résultats
La CAN est aussi une épreuve de gestion. Les joueurs arrivent après une première partie de saison souvent chargée en club. Certains doivent traverser plusieurs fuseaux horaires ; d’autres rejoignent leur sélection après une période de blessures ou de temps de jeu réduit. Les sélectionneurs auront à arbitrer entre la forme du moment, l’expérience et l’équilibre collectif. Le nom le plus célèbre n’est pas toujours le choix le plus utile.
Les conditions de jeu, les trajets entre les villes et la récupération auront également leur importance. Dans un tournoi resserré, quelques heures de sommeil ou une journée supplémentaire de repos peuvent peser sur la fraîcheur d’une équipe. Ces détails semblent modestes vus depuis les tribunes. Ils le sont beaucoup moins lorsque les jambes deviennent lourdes à la 80e minute.
Le calendrier hivernal soulève une autre question : la disponibilité des joueurs évoluant dans les championnats européens. Les clubs et les sélections devront composer avec les dates de mise à disposition prévues par les règles internationales. Les entraîneurs chercheront à réunir leurs groupes suffisamment tôt pour préparer la compétition, sans disposer d’un temps illimité. À ce niveau, la préparation n’est pas un luxe ; c’est une partie du résultat.
Un enjeu sportif, économique et symbolique
Pour le Maroc, accueillir la CAN représente une vitrine continentale. Le pays entend démontrer sa capacité à recevoir les supporters, les délégations et les médias dans de bonnes conditions, tout en valorisant ses équipements et ses villes. Une compétition réussie peut stimuler le tourisme, l’activité des commerces et l’emploi lié à l’événement. Elle peut aussi renforcer l’image du pays auprès du public international.
Mais l’organisation d’un tournoi de cette ampleur demande une logistique exigeante. Transport, sécurité, billetterie, accueil des visiteurs et accès aux stades doivent fonctionner ensemble. Les bénéfices espérés ne se mesurent donc pas seulement à la qualité des pelouses ou à la réussite de la cérémonie d’ouverture. Ils dépendent aussi de l’expérience quotidienne des supporters : arriver à l’heure, trouver sa place, circuler facilement et rentrer sans difficulté.
Pour les autres pays participants, la CAN offre une scène rare. Une bonne campagne peut accroître la visibilité des joueurs, attirer l’attention des recruteurs et renforcer la confiance d’un groupe. Elle peut aussi créer un souvenir collectif durable. Dans bien des foyers, les matchs sont suivis en famille, au café ou dans des rassemblements publics. Le résultat dépasse alors le tableau d’affichage : il devient un sujet de conversation national.
Les supporters au cœur du tournoi
Une CAN se reconnaît aussi à ses tribunes. Les chants, les drapeaux, les couleurs et les rivalités donnent aux rencontres une intensité particulière. Les supporters marocains devraient bénéficier d’un avantage évident en nombre, mais les délégations venues de tout le continent apporteront leurs propres habitudes et leurs propres voix. Un stade peut devenir une mosaïque, parfois bruyante, toujours vivante.
Pour suivre la compétition, mieux vaut vérifier les horaires et les informations de billetterie auprès des canaux officiels. Les calendriers détaillés, les changements éventuels et les consignes d’accès peuvent évoluer. Les déplacements entre villes méritent également une préparation sérieuse, surtout pendant les périodes de forte affluence. La spontanéité est charmante dans les récits de voyage ; elle l’est moins lorsqu’il ne reste aucune chambre disponible.
Les téléspectateurs, eux, pourront suivre une compétition qui s’étendra sur les fêtes de fin d’année. Les horaires précis des rencontres et les diffuseurs dépendront du programme officiel annoncé pour le tournoi. Pour les amateurs de football, l’enjeu sera simple : ne pas se fier uniquement aux affiches les plus prestigieuses. Dans une phase de groupes, un match entre deux équipes moins attendues peut souvent offrir le suspense le plus intense.
Ce qu’il faudra surveiller
Au-delà des favoris, plusieurs questions guideront les premières journées. Le Maroc saura-t-il transformer le soutien du public en avantage réel ? Les champions ivoiriens pourront-ils défendre leur titre avec une équipe renouvelée ? Le Sénégal et l’Égypte confirmeront-ils leur statut ? Et une sélection moins attendue, comme le Botswana ou les Comores, parviendra-t-elle à prolonger l’aventure au-delà des groupes ?
La réponse se construira match après match. La CAN récompense les équipes capables d’allier talent, discipline et sang-froid, mais elle laisse toujours une place à l’imprévu. C’est ce qui la rend si difficile à prévoir et si facile à suivre. Du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, vingt-quatre sélections joueront pour le même trophée, avec des trajectoires et des attentes très différentes. Une seule soulèvera la coupe ; toutes contribueront à écrire une nouvelle page du football africain.



