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Val de Susa en flammes : 20 000 manifestants, heurts violents au chantier No Tav et bilans qui inquiètent

Les heurts survenus ce week‑end en Val de Susa marquent une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose depuis des années le mouvement No Tav et les autorités autour du chantier de la ligne à grande vitesse Turin‑Lyon. Ce samedi, la manifestation dite « marche vers les chantiers de la dévastation » a rassemblé selon les organisateurs près de 20 000 personnes à Venaus ; une fraction radicale du cortège — plusieurs centaines d’activistes encagoulés — a mené des actions violentes contre les forces de l’ordre, provoquant des affrontements d’une intensité rare et des perturbations majeures des transports.

Chronologie des événements

Le rassemblement a débuté dans l’après‑midi et, après une progression en plusieurs tronçons, une colonne d’environ 500 personnes portant tenues noires, casques et masques à gaz a quitté le parcours principal pour atteindre les zones sensibles du chantier de Chiomonte (Val Clarea) et de San Didero. Selon les témoins et les images publiées, ces individus ont lancé des projectiles (pierres), des pétards, des « bombes carta » et des engins improvisés (lances‑rochers, mortiers artisanaux), ciblant les cordons policiers affectés à la protection des sites.

La riposte des forces de l’ordre est intervenue après environ une heure d’affrontements : usage de gaz lacrymogène, jets d’eau et dispersion. Les activistes se sont retirés vers les zones boisées environnantes, où des escarmouches sporadiques ont continué. Les syndicats de police font état d’une soixantaine d’agents blessés et de plusieurs véhicules des forces de l’ordre incendiés au cours de l’action.

Conséquences sur la mobilité et l’ordre public

Les incidents ont eu un impact immédiat et significatif sur les infrastructures : l’autoroute A32 (Turin‑Bardonecchia) a été bloquée pendant plusieurs heures entre Oulx et Susa Est, et la circulation ferroviaire a été interrompue à Bruzolo en raison de manifestants sur les voies. Des contrôles préventifs avaient déjà permis la saisie, en gare de Bardonecchia, d’objets susceptibles d’être utilisés comme armes (fionde, pétards, billes, etc.). Par ailleurs, certains manifestants étrangers — en majorité français selon les autorités locales — ont été reconduits hors du territoire national pour raisons d’ordre public.

Profils des protagonistes et tactiques employées

Le noyau dur des affrontements appartient à la mouvance antagoniste habituelle : encagoulés, équipés pour la confrontation, parfois accompagnés de militants étrangers. Ils ont tenté d’exploiter les zones boisées et les petits sentiers pour contourner les contrôles, rejoignant ainsi des points de vulnérabilité sur les chantiers. Dans plusieurs vidéos, on aperçoit l’usage d’ombrelles et d’autres paravents pour gêner la détection depuis les drones de la police — une tactique désormais récurrente dans les actions de protestation à haut risque.

Réactions politiques et institutionnelles

Les réactions officielles ont été rapides et unanimes sur le fond : condamnation des violences et appel au rétablissement de l’ordre. Le président de la République a contacté le ministre de l’Intérieur pour exprimer son soutien aux forces de l’ordre ; la présidente du Conseil a déclaré que « l’État ne cédera pas » face à ces débordements. Pour leur part, des partis de l’opposition et certaines formations de gauche ont rappelé que la contestation No Tav repose aussi sur des préoccupations environnementales et sociales légitimes, appelant toutefois à des modes d’action non violents.

Victimes et bilan humain

Le bilan humain est principalement celui de blessés parmi les policiers — les syndicats évoquent plusieurs dizaines d’agents atteints, certains hospitalisés — et de quelques manifestants légèrement blessés lors des charges et des dispersions. Aucune perte humaine grave n’a été rapportée dans les premières heures, mais la situation reste sous haute tension, avec des enquêtes et des actes de procédure en cours pour identifier les auteurs des violences.

Enjeux structurels : pourquoi la vallée explose‑t‑elle encore ?

Au‑delà des incidents immédiats, la Val de Susa cristallise depuis des décennies un conflit aux multiples dimensions :

  • environnementale — contestation de l’impact du tracé et des chantiers sur la montagne et les habitats ;
  • politique — perception d’un projet « imposé » et d’un déficit de concertation locale ;
  • symbolique — la lutte No Tav est devenue un étendard pour des segments militants opposés aux grands projets qu’ils jugent inutiles ou destructeurs.
  • Les récents épisodes montrent que le dossier n’a pas été apaisé par les années de procédures, de retards et d’engagements politiques : au contraire, il nourrit une radicalité qui s’exprime aujourd’hui par des formes de violence plus organisées et mieux équipées.

    Questions ouvertes et pistes d’action

    Plusieurs interrogations se posent à court et moyen terme :

  • Quelle stratégie de maintien de l’ordre privilégier pour éviter l’escalade tout en protégeant les sites ?
  • Comment relancer une véritable médiation locale pour traiter les objections environnementales et socio‑économiques ?
  • Quels dispositifs de prévention et de déradicalisation mettre en place pour limiter l’arrivée de combattants étrangers et l’embrigadement vers des actions violentes ?
  • La gestion future du dossier nécessitera à la fois fermeté sur l’application de la loi et intelligence politique pour rouvrir des canaux de dialogue. Sans cette double approche, la boucle de confrontation risque de se répéter, au prix d’une hausse des coûts sociaux et sécuritaires pour la région.

    GlobalNews.fr suivra de près les suites judiciaires et administratives de ces journées d’émeute et continuera d’analyser les conséquences de ces affrontements sur l’avenir du projet ferroviaire et sur la cohésion locale en Val de Susa.

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